Rechercher

mardi 12 novembre 2013

VISITE DE FAURE GNASSINGBE EN FRANCE/ SYNERGIE-TOGO ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE A FRANÇOIS HOLLANDE : APPEL POUR UNE INTERVENTION FERME ET URGENTE AU PRESIDENT DE LA FRANCE, PATRIE DES DROITS DE L’HOMME ET DES LIBERTES


Monsieur le Président,
Dans quelques jours, vous recevrez en visite officielle Monsieur Faure Gnassingbé, président de la République du Togo depuis 2005, date à laquelle il a succédé à son père au décès de celui-ci. Bien que vous connaissiez la situation sociopolitique qui prévaut au Togo, permettez-moi, au nom de Synergie-Togo, organisation de la société civile togolaise basée en France, de solliciter respectueusement votre attention sur quelques uns des aspects peu glorieux qui résultent de la mal-gouvernance du pouvoir autoritaire qui règne sans partage sur ce pays depuis des décennies.

En Afrique francophone, le Togo est
l’un des pays où le peuple est pris en otage par un clan minoritaire, avec l’appui d’une armée clanique qui tient également la communauté internationale en otage en se portant volontaire dans les opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Au Togo, les atteintes graves des droits de l’Homme ainsi que les violations de la constitution et des lois de la République sont récurrentes, avec une garantie totale d’impunité. Récemment encore, suite aux incendies des marchés de Lomé et de Kara, sans aucune preuve formelle et avant même que ne soit adressée aux autorités françaises la demande d’assistance en vue de la mission d’expertise conduite par Messieurs Hervé BAZIN et François DEBLASI, experts de la police scientifique de Paris, le pouvoir togolais a lancé une chasse contre les responsables et militants de l’opposition togolaise, arrêtant des dizaines de personnes dont la plupart croupissent encore aujourd’hui dans les prisons, inculpant plusieurs autres sans davantage de preuves. Nous vous prions de trouver ci joint le rapport de la contre-enquête diligentée par le Collectif Sauvons le Togo (C.S.T.), face aux nombreuses irrégularités qui ont entaché l’enquête menée par une institution judiciaire dont le manque d’indépendance est notoire, depuis des décennies.

Un climat de terreur règne dans tout le pays, certains médias sont arbitrairement frappés d’interdiction d’émettre, la liberté de circulation des leaders politiques est entravée par des inculpations fantaisistes, des mesures illégales et une répression barbare restreignent la liberté d’action des partis politiques et des mouvements associatifs.

Au Togo à l’occasion de toutes les élections, des fraudes massives portées au crédit du régime en place depuis 1967 sont régulièrement enregistrées par les organisations internationales, notamment par l’Union européenne qui n’a cessé de formuler des recommandations en vue de réformes institutionnelles et constitutionnelles jamais mises en oeuvre par les dirigeants togolais. A l’instar des forces démocratiques, les mêmes organisations internationales n’ont eu de cesse de demander un véritable dialogue entre le pouvoir et l’opposition afin de parvenir à un climat sociopolitique apaisé propice à la construction du pays.

Au moment où vous vous apprêtez à recevoir le président Faure Gnassingbé, le peuple togolais dans sa très grande majorité attend de vous une intervention ferme et urgente qui contribuerait à mettre résolument le pays sur la voie du respect des droits humains, de la démocratie, du développement et du progrès social. Ceci passe par des mesures concrètes et immédiates d’apaisement parmi lesquelles :
  • la libération des personnes actuellement détenues et la levée des inculpations à l’encontre des militants et des dirigeants de l’opposition ;
  • la mise en place d’une commission d’enquête internationale, seule à même de faire émerger, de manière impartiale, la vérité sur les incendies des marchés de Kara et de Lomé et de compléter le rapport de la mission d’expertise française afin que les conclusions de cette dernière ne soient travesties ;
  • la mise en oeuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles garantes de la démocratie, des libertés, d’une justice indépendante, de la bonne gouvernance et du respect des droits de l’Homme.
Si par votre entremise, en dépit de la realpolitik, le Togo s’engageait dès à présent dans cette voie, la France ne pourra que s’enorgueillir d’avoir permis de régler définitivement un contentieux lourd d’un demi-siècle, désamorçant ainsi le prochain conflit qui risque de frapper l’Afrique de l’ouest.

En vous remerciant de votre aide, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre très haute et respectueuse considération.
11 novembre 2013
Pour Synergie-Togo
Camille Lawson-Body, Président

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire